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L'Edito | Réélection d’Emmanuel Macron : les hausses de taxes et de prix tabac se profilent pour 2023 ?

Depuis le 24 avril 2022, les dés sont jetés, avec la réélection du président de la République, Emmanuel Macron. La seule incertitude résiduelle reste la nature de la future majorité à l’Assemblée nationale, dont les députés seront élus les 12 et 19 juin 2022. Mais si Emmanuel Macron dispose à nouveau des pleins pouvoirs au Parlement, le Plan cancer 2021-2030, officialisé en juillet 2021, risque de s’appliquer, avec comme objectif de « poursuivre la mobilisation du levier du prix pour limiter l’accès aux produits du tabac », selon les termes mêmes de la feuille de route 2021-2025 (voir sur notre site Internet). Dans ces conditions, comment ne pas craindre le pire dans six à douze mois pour les 23 500 débits de tabac de France.

UNE GÉNÉRATION SANS TABAC, MAIS AVEC DU CANNABIS ?

Ce Plan cancer du gouvernement Macron II évoque la volonté d’aboutir à une génération sans tabac, comme le souhaite également le collectif Alliance contre le tabac
(voir page 8). Cette politique antitabac prend parfois des détours particulièrement étranges, comme en Nouvelle-Zélande où les jeunes adultes n’auront plus le droit d’acheter du tabac à compter de 2027, ou comme aux Pays-Bas, où l’on peut fumer du cannabis à l’intérieur des coffeeshops, mais sans avoir le droit d’ajouter du tabac au joint (voir page 60).

UNE EXPLOSION DE LA CONTREFAÇON DE TABAC

L’une des conséquences des hausses de taxes et donc de prix depuis 20 ans (2003) en France est bien évidemment que plus d’un tiers de la consommation de tabac est issu du marché parallèle, dont une part de plus en plus importante en contrefaçon.
La Revue des tabacs a donc décidé depuis deux mois de créer une rubrique mensuelle consacrée aux méfaits de ces cigarettes, tabacs à fumer et à chicha contrefaits, avec des démantèlements de gangs internationaux et d’usines clandestines de plus en plus en plus proches de nos frontières et y compris dans l’Hexagone. Au-delà des douanes nationales, divers organismes européens (Olaf, Empact, Europol...) s’activent sur le sujet. Même les gendarmes français commencent à utiliser une application mobile, afin de reconnaître les produits du tabac contrefaits (voir page 20). Seita a d’ailleurs fait un point par région de la situation du marché parallèle du tabac (voir page 9).

LE FONDS DE TRANSFORMATION JUSQU’À FIN 2022

Avant les hausses de taxes et de prix prévues probablement en 2023, la diversification à marche forcée (avec notamment la vape et le CBD), ainsi que la modernisation des points de vente semblent être les deux seules issues. Mais rappelons que pour beaucoup de buralistes, le tabac représente environ la moitié du chiffre d’affaires. Le ministère des Comptes publics et la CCI ont récemment rappelé que les derniers dossiers de demandes de Fonds de transformation doivent être déposés dans les cinq mois (avant le 30 septembre 2022) et les factures de travaux doivent avoir été payées avant la fin décembre 2022.

DÉPLACER UN DÉBIT DE TABAC DANS UNE MÊME COMMUNE ?

Début avril 2022, un député de la majorité présidentielle a déposé une proposition de loi qui vise à faciliter le déplacement d’un débit de tabac dans la même commune. Même si le texte n’est pas encore promulgué, il faut espérer que ce sera le cas. Suite à une réunion d’un représentant des Douanes, de la Confédération des buralistes et du maire, il suffira de deux voix sur trois pour déplacer le point de vente vers un lieu plus propice au commerce (voir page 14).

Selon un célèbre dicton, le succès d’un commerce repose en premier sur l’emplacement, en second sur l’emplacement, et en troisième sur l’emplacement !

Par Bruno Cornec
rédacteur en chef
b.cornec@aucoeurdesvilles.fr

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