Marché parallèle « Plus de la moitié de toutes les cigarettes consommées en Belgique échappent au fisc »
Publié le , source : Cimabel

21 septembre 2026.
La Cimabel, la fédération belgo-luxembourgeoise des fabricants de cigarettes, a publié une étude portant sur le deuxième trimestre 2026, stipulant que « pour la première fois, plus de la moitié des cigarettes fumées en Belgique ne sont pas taxées en Belgique ou sont contrefaites ». Et, l’étude va même plus loin en estimant la perte fiscale pour le pays à « 2,6 milliards d’euros ». Et l’évolution va même très vite selon la fédération : « La part des cigarettes non taxées en Belgique et des cigarettes contrefaites est passée de 18,1% fin 2023, 33,1% fin 2024, 44,4% fin 2025 et à 50,6% au deuxième trimestre de 2026. En l’espace de deux ans et demi, cette part a donc presque triplé. » L’explication de cette crise est simple : « Le prix de vente moyen des cigarettes est passé de 6,39 euros à 11,66 euros entre 2020 et 2025, soit une hausse de 83%. La combinaison de hausses de prix excessives et d’un durcissement de la réglementation relative aux produits nicotiniques alternatifs pousse les consommateurs belges dans les bras des réseaux de contrebande et de contrefaçon. »
Pour la fédération Cimabel :
« La part des cigarettes contrefaites représente 4,6% de la consommation totale étudiée, nettement supérieure au 1% constaté fin 2024. Les cigarettes contrefaites sont produites dans des conditions non réglementées et contiennent souvent des ingrédients inconnus ou extrêmement nocifs. Elles constituent donc un risque grave pour les consommateurs. […] L’étude souligne une nouvelle fois l’afflux important de cigarettes en provenance de pays où les produits du tabac sont moins chers. 30% des cigarettes fumées en Belgique proviennent de Bulgarie, contre 15,7% voici un an. Les arrivées en provenance du Luxembourg ont sensiblement diminué et représentent désormais 5,3%. Les ventes hors taxes représentent 2,7%. Les autres pays d’origine sont la Turquie (2,1%), l’Albanie (1%) et le Maroc (0,9%). »
Selon Christine De Baets, présidente de Cimabel :
« Le fait que plus de la moitié des cigarettes consommées en Belgique ne soient désormais plus taxées dans notre pays ou soient contrefaites doit constituer un signal d’alarme. L’État belge perd des milliards d’euros de recettes, tandis que les organisations criminelles et les circuits de vente étrangers profitent des importantes différences de prix. Tant les pouvoirs publics que la santé publique font les frais de cette politique contre-productive. Une réorientation de la politique est nécessaire de toute urgence. »
