Marché parallèle Trafic de cigarettes : 44% des paquets sans fiscalité fin 2025
Publié le , source : Belgique

18 mars 2026.
La Cimabel, la fédération belgo-luxembourgeoise des fabricants de cigarettes, a publié une étude intitulée « Près de la moitié des cigarettes vendues en Belgique échappent au fisc : trois milliards d’euros de recettes fiscales perdues ». Selon cette enquête qui porte essentiellement sur le quatrième trimestre 2025 : « En Belgique, 44,4% des cigarettes consommées échappent à l’impôt, car elles ont été achetées à l’étranger ou sont contrefaites. Cela représente un manque à gagner de plus de 3,025 milliards d’euros de recettes fiscales (accises et TVA) sur les produits du tabac. » La montée de ces trafics de cigarettes progresse très vite, puisque toujours sur le dernier trimestre, on était à 34,9% de la consommation de cigarettes en Belgique qui était illégale en 2024, contre 44,4% en 2025.
Selon la Cimabel :
« Les cigarettes de contrefaçon représentent 4,6% de la consommation totale de cigarettes en Belgique, contre 1% fin 2024. Produites dans des conditions non réglementées, elles contiennent souvent des ingrédients inconnus ou extrêmement nocifs. Leur présence croissante sur le marché belge constitue donc un risque sérieux pour les consommateurs. L’étude révèle que la grande majorité des cigarettes de contrebande proviennent de pays où les produits du tabac sont nettement moins chers. Les trois principaux pays d’origine sont la Bulgarie (53,1%), le Luxembourg (15,8%) et la Turquie (8,7%). Ces flux de contrebande ne sont pas le fruit du hasard. Les importants écarts de prix entre la Belgique et ces pays rendent ce commerce particulièrement lucratif pour les organisations criminelles. La consommation illégale atteint des pics dans plusieurs villes du pays. Dans de grandes villes, plus de 40% des fumeurs achètent leurs cigarettes en dehors des circuits officiels belges : Louvain (52,7%), Bruxelles (47,6%), Anvers (46,9%). Cette proportion est également supérieure à la moyenne dans des villes comme Gand, Bruges, Hasselt, Courtrai, Liège, Namur et Arlon. Ces chiffres confirment que la politique des accises alimente la consommation de cigarettes étrangères et de contrefaçon. Sous l’impulsion du ministre fédéral de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, le prix de détail moyen des cigarettes est passé de 6,39 € à 10,57 € entre 2020 et 2025, soit une augmentation de 65,4%. Malgré la hausse du commerce illégal, il persiste dans cette voie. »
Pour Christine De Baets, présidente de Cimabel :
« La combinaison de hausses de prix excessives et d’une réglementation plus stricte des produits nicotiniques alternatifs pousse les consommateurs belges vers les réseaux de contrebande et de contrefaçon. Le gouvernement et la santé publique subissent les conséquences de cette politique contre-productive. Il est urgent de revoir cette politique. »
