Édito Face à une remise tabac en baisse, les produits à risques réduits se développent
Dans un environnement réglementaire en perpétuelle adaptation, avec une remise tabac qui chute de 207 millions d’euros (M€) sur les quatre dernières années (voir page 38), les quatre principaux cigarettiers mondiaux poursuivent leurs transformations…
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Finalement, pas de nouvelles taxes sur le tabac
Dans le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2025 voté et qui sera bientôt promulgué (voir page 6), les projets de hausses fiscales pour le tabac de certains parlementaires ont été abandonnés par le gouvernement. Mais ce n’est probablement que partie remise malheureusement… Côté réglementation, les interdictions ou projets sont déjà là.
Un projet d’interdiction des sachets de nicotine
Malgré l’avis très circonspect du 28 janvier 2025 du Conseil d’État, le ministère de la Santé a envoyé le 24 février 2025 à la Commission européenne une proposition de décret « relatif à l’interdiction des produits à usage oral contenant de la nicotine… » afin que l’Union européenne approuve son projet. Mais rien n’est moins sûr, puisque le gouvernement n’apporte que peu d’éléments chiffrés pour soutenir cette demande.
Des cigarettiers qui défendent les sachets de nicotine
Philip Morris et surtout BAT (voir pages 6 et 7) estiment que le projet d’interdiction des sachets de nicotine est une « erreur de santé publique », puisqu’au niveau mondial, ces produits permettent de réduire le tabagisme, notamment en Suède.
Quatre géants du tabac développent les produits à risques réduits
En tonnage, trois d’entre eux enregistrent dans le monde pour 2024 (voir pages 8 et 9) : +11,6 % en tabac chauffé et +52,9 % en sachets de nicotine pour Philip Morris International ; 17,5 % du chiffre d’affaires en produits sans fumée pour British American Tobacco ; et +24,2 % en produits à risques réduits pour Japan Tobacco International… et, par ailleurs, en chiffre d’affaires européen, +18,2 % en produits de nouvelle génération pour Imperial Brands (dont sa filiale française Seita). En France, les industriels cherchent également à s’adapter…
Logista France en « pleine transformation »
Le directeur du département Tabac du principal logisticien en France fait le point sur sa stratégie (voir page 26) et annonce que « les alternatives se développent à un rythme soutenu. Nous progressons vers un monde sans tabac ». De son côté, la vente de tabac combustible poursuit son lent déclin en France, surtout, en raison du marché parallèle…
Un nombre d’annonces illégales dans les réseaux sociaux qui double
Selon l’étude 2024 Webdrone commandée par BAT France, les propositions illicites de vente de tabac sur Internet sont passées de plus de 14 000 publications en 2023 à plus de 31 000 en 2024 (voir page 30). Facebook, à lui seul, occupe environ 70 % des annonces recensées l’an passé.
-12,3 % en janvier 2025 et -11,5 % sur le cumul 2024 en tonnage tabac
En France continentale, après les trois années précédentes de baisses chroniques des ventes en volume chez les buralistes : -7,9 % en 2023, -6,7 % en 2022 et -6,2 % en 2021 et les -0,5 % en 2020 pendant l’année de fermetures des frontières nationales (voir page 23). Des chutes conséquentes en tonnage que l’on retrouve aussi en chiffre d’affaires tous segments confondus (sauf en 2020, Covid oblige) : -7,5 % en janvier 2025, -3,2 % en 2024, -1,1 % en 2023, -6,7 % en 2022, -1,2 % en 2021 et +12,6 % en 2020. Ce qui mécaniquement débouche sur une baisse des revenus des buralistes puisque leur remise est proportionnelle au chiffre d’affaires TTC, malgré les légères hausses en pourcentage de cette rémunération brute sur le tabac chaque année, qui passe de 10,19 % en 2024 à 10,29 % depuis début 2025 (voir page 39).