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La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, qui est un organisme officiel financé par l’État, a publié un communiqué au sujet d’une étude liée au CBD vendu en France. Mais les résultats sont à relativiser pour la profession de buralistes, puisque seulement 11 % des filières d’achat de cette enquête étaient des débits de tabac. Dans ce contexte, une première conclusion positive est que « 87 % des produits analysés ont une teneur en Δ9-THC inférieure à 0,3%. » Soulignons donc que tout de même environ 13 % des produits achetés et analysés dépassaient le seuil légal de THC. Par ailleurs, il est à noter que « seuls 46 % des échantillons présentent un étiquetage de la composition. Pour les échantillons avec étiquette, 81 % des produits analysés ont des teneurs en CBD différentes de celles indiquées sur l’étiquetage. » Il est donc sans doute temps d’effectuer plus de contrôles sur ce marché et de mettre un terme aux pratiques frauduleuses.

Rappelons la méthodologie de l’enquête : au total, 223 échantillons de CBD ont été collectés sur deux périodes d’achat distinctes (juillet 2022 et avril 2023) et analysés. Les produits achetés étaient majoritairement à inhaler (85 % : fleur, pollen, résine, crumble, wax, pod, e-liquide), mais aussi à ingérer (14 % : bonbons, sucette, gélule) ou à appliquer en topiques (1 % : crèmes cosmétiques). Les filières d’achat étaient des magasins en ligne (66 %), des boutiques spécialisées de CBD (15 %), des bureaux de tabac (11 %), des pharmacies d’officine (4 %) ou des boutiques de vapotage (4 %).

Suite à cette enquête, les propositions de la Mildeca sont les suivantes :

« – encadrement du marché des produits CBD ;
– protection de la santé des populations (avec une campagne d’information et de prévention sur l’usage des cannabinoïdes et un affichage clair des réflexes de sécurité : “Usage interdit aux moins de 18 ans”, “Ne pas laisser à la portée des enfants”, « Interdit pour la femme enceinte ou allaitante”) ;
– renforcement de la sécurité des produits (avec des normes et contrôles qualités, régime d’autorisation préalable à la mise sur le marché, obligation d’étiquetage précisant à la fois la composition et les modes d’utilisation, les mises en garde et les précautions d’emploi) ;
– réduction des usages (avec une restriction de la publicité à l’instar des produits du tabac : packaging neutre avec messages clés) ;
– régulation de la densité des points de vente ;
– formation des revendeurs au bon usage et à la réduction des risques ;
– sensibilisation à la déclaration des effets indésirables et analyse de produits douteux ;
– à l’instar de la mélatonine, déterminer une dose d’exonération ou une dose journalière maximale de CBD, à partir d’un cadre réglementaire adapté à chaque catégorie de produits. »

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